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A l'occasion de la victoire de Nicolas Sarkozy, l'ancien patron de Démocratie Libérale, Alain Madelin, publie une tribune dans sa newsletter des Cercles Libéraux... Mon premier engagement politique était à ses côtés, je suis heureux de voir les cercles... converger !

"Rarement une telle fenêtre d'opportunité pour réformer en profondeur notre pays ne se sera présentée. La belle victoire de Nicolas Sarkozy dans un contexte de mobilisation électorale massive est assurément le fruit d'un vote d'adhésion. Au second tour le «Tout sauf Sarkozy !» n'a pas fonctionné. Cette adhésion témoigne sans aucun doute d'un côté d'un besoin d'ordre, de sécurité et de protection, mais elle témoigne plus encore d'une envie de mouvement incarné moins par le programme que par la personnalité même de Nicolas Sarkozy.
On retrouve là l'analyse précieuse de Bertrand de Jouvenel. L'autorité politique remplit tantôt une fonction d'arbitrage, tantôt une fonction d'entraînement. Saint-Louis rendant la justice sous son chêne à Vincennes, Bonaparte entraînant la victoire au pont d’Arcole. À la couronne royale de la concorde représentée par la candidate socialiste, les Français ont préféré le sceptre de l'action. Donc, le nouveau Président de la république a reçu le mandat du changement. Une conjoncture économique exceptionnellement favorable lui facilite la tâche. La déconfiture électorale des antilibéraux professionnels élargit le champ du possible.

Le nouveau Président veut agir, agir vite. Il le peut.
Il faut, disait-il, tout dire avant pour pouvoir tout faire après. La formule est heureuse. Elle traduit une volonté de s'appuyer sur la légitimité démocratique du mandat que l'on a reçu pour mettre en oeuvre rapidement des réformes difficiles et vaincre les obstacles au changement.
Mais quel est au juste ce programme du candidat que le Président a mandat de mettre en oeuvre ? C'est là que les difficultés commencent.
Nous avons entendu dans cette longue campagne un candidat Sarkozy -que nous avons apprécié- qui nous parlait de réformer l'État en profondeur, de reconstruire notre modèle social devenu inefficace et coûteux, de baisser nos impôts et nos prélèvements obligatoires, de supprimer la carte scolaire, de libérer les établissements scolaires et les universités, de permettre de travailler le dimanche...
Nous avons aussi entendu -et beaucoup moins apprécié- le même candidat parler de protéger nos services publics, faire l'éloge de l'interventionnisme industriel, faire des appels au protectionnisme en proposant une « préférence communautaire » ou la taxation des importations, vouloir remettre en cause l'indépendance de la banque centrale européenne, on se lançait encore dans des innovations fiscales et sociales hasardeuses (TVA sociale, droits sociaux opposables, unicité du contrat de travail, fiscalité écologique...). Difficile de se reconnaître dans un tel mélange. Mais il faut bien reconnaître qu'il a été électoralement efficace.
Pour le nouveau Président, tout est possible. Il peut lire et appliquer son programme en laissant parler son instinct libéral. Il peut tout aussi bien laisser aller un tempérament interventionniste nourri par un discours protectionniste et sécuritaire. Il peut encore tenter de fonctionner au mélange.
Le très influent quotidien britannique Financial Times s'interroge sur notre nouveau Président : «sera-t-il un libéral économique ou un interventionniste populiste ?». Le caractère hybride de son programme n'a échappé à personne. Pour souligner cette ambiguïté libérale les observateurs parlent volontiers de «bonapartisme moderne» ou de «libéral colbertiste».

Une chose est sûre heureusement. Le nouveau Président veut être l'homme de l'action et des résultats. Celui qui veut retrouver le plein-emploi, doper le pouvoir d'achat, soutenir la croissance, réformer l'État et moderniser la France. Ceci passe nécessairement par des réformes -toute expérience des autres pays en témoigne- qu'ailleurs on n'hésite pas à qualifier de «libérales» Dans sa campagne électorale, le candidat Sarkozy a su allier des discours tournés vers la France entreprenante et vers la France populaire. Sans les opposer, en les réunissant dans un même projet. Il appartient au Président Sarkozy de maintenir cette alliance en mettant un trait d'union entre le libéral et le social, la liberté et la sécurité, la réussite des uns et l'égalité des chances pour tous. De même que Tony Blair a su en Angleterre rénover le travaillisme en le mariant avec le libéralisme, nous formons le voeu que notre nouveau Président de la république saura porter les exigences libérales de la modernité."

Commentaires
Bravo de continuer à poster encore régulièrement des billets, même depuis la victoire. Il est vrai que pour ma part il m'a fallu une petite semaine pour me remettre au clavier, tellement la choc de la fin de cette "colonie de vacances" qui représente 3 ans de boulot, m'avait mis dans un ambiance nostalgique .... en tout cas j'espère que l'on continuera à organiser des soirées aussi sympathiques! A très vite Thomas, et merci pour tout ! Je suis vraiment contente d'avoir un ami comme toi à mes côtés ! Saches que tu peux compter sur moi si  besoin . A+
Posté par marilyne le 13/05/2007 à 12:16:22