Son élection sous la Coupole n'est qu'une étape dans un parcours atypique, entre best-sellers et médecine humanitaire.
Né le 28 juin 1952 à Bourges, il est reçu en 1975 au concours d'internat, choisit la neurologie comme spécialité, mais bifurque bientôt vers la médecine humanitaire. Première mission en 1976 en Ethiopie, alors ravagée par la guerre. "Cette rencontre brutale avec un autre monde a produit un choc", confie-t-il.
Le nouvel académicien combine dès lors une carrière multiple, un itinéraire hors normes doublé d'une ambition, entre médecine hospitalière, action humanitaire et responsabilités dans divers ministères.
Directeur médical de l'ONG Action contre la faim (1983-1985), il rejoint en 1986 le cabinet de Claude Malhuret, au secrétariat d'Etat aux Droits de l'homme. De ses multiples missions en Afrique, Asie, Amérique latine, il tire un premier livre, "Le piège humanitaire" (1986), dans lequel il dénonce les risques de récupération politique ou militaire de l'humanitaire.
Attaché culturel au Brésil (1989-90) et vice-président de Médecins sans frontière en 1991, il devient conseiller de François Léotard, alors ministre de la Défense (1993-1995).
En 1997, son premier roman, "L'Abyssin" reçoit le Goncourt du premier roman: avec 300.000 exemplaire vendus, l'écrivain Rufin est déjà une valeur sûre.
"Les causes perdues" (1999), bilan d'une génération entre engagement et désillusion, décroche l'Interallié deux ans plus tard. Et "Rouge Brésil", récit épique de la conquête du Brésil par les Français sous la Renaissance, remporte un énorme succès public.
Quand au printemps 2007, le nouveau ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner lui propose de devenir ambassadeur de France au Sénégal, il troque sa défroque d'écrivain pour le costume de diplomate.
Le nouvel académicien renoue ainsi avec une tradition française. D'autres écrivains et diplomates - Paul Morand, Paul Claudel... - l'ont précédé à l'Académie. Mais Jean-Christophe Rufin s'inscrit plutôt dans le sillage d'auteurs au long cours comme Joseph Kessel ou le journaliste Albert Londres.
Bernard Kouchner a félicité le nouvel académicien, dont l'oeuvre, écrit-il, "illustre combien la littérature et la médecine sont les plus beaux ponts reliant les hommes et les savoirs".
La ministre de la Culture Christine Albanel a de son côté "salué l'homme des mots et des gestes, de l'action et de la langue, le président d'honneur d'Action contre la faim, très profondément engagé, et depuis longtemps, dans les combats essentiels de notre temps, mais aussi l'écrivain qui a su trouver dans la littérature une autre manière de témoigner".
source : AFP

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