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S'appuyant sur plus de 100 cartes et de nombreux documents iconographiques qui éclairent des enjeux brûlants (le défi énergétique, le sentiment communautaire, la bataille de l'emploi, la planète financière, l'élargissement, la rivalité avec les pays émergents...), Michel Barnier nous propose, avec une équipe de spécialistes, un état des lieux appuyé d'idées précises pour poursuivre la construction d'une Europe puissance susceptible de peser sur une mondialisation qui, sans cet effort, se fera sans elle.

Michel Barnier, déjà auteur notamment d'un Atlas pour un monde durable (Acropole, 2007) et de Sortir l'Europe des idées reçues (2005), recourt à nouveau à la cartographie pour exprimer son engagement européen. Fort de son expérience nationale et internationale (ministre de l'Environnement, ministre délégué aux Affaires européennes, commissaire européen, ministre des Affaires étrangères), il dresse aujourd'hui dans cet atlas un nouveau bilan sur l'Union et propose les mesures qui permettront de relancer la Nouvelle Europe. Michel Barnier est actuellement ministre de l'Agriculture et de la Pêche.


Quand de bons ministres se mettent au web...

Un de mes ministres préférés, Michel Barnier a ouvert un blog, pro (Agriculture) & aussi "perso", l'Europe en plus dans lequel il nous livre ses réactions sur l'actualité & ses réflexions, celles d'un grand européen...
OMC, Balkans, diplomatie, JO, questions agricoles, etc, la palette des centres d'intérêt est large, et témoigne de la qualité humaniste et de conviction de cet homme, qui donne envie de s'engager en politique, pour servir et non "se" servir.


De son côté, Luc Chatel, Secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, chargé de l’Industrie et de la Consommation, Porte-parole du Gouvernement, en plus de ses points presse hebdomadaires en tant que porte-parole (diffusés sur le site de l'Elysée), a jugé bon de réaliser un travail de pédagogie à destination du grand public, via un site très collaboratif, http://www.porte-parole.gouv.fr sur lequel on peut lui poser des questions (video dailymotion), et il répond !!! Démarche qui a été relevée par le Figaro. Son conseiller com web par ailleurs good friend, Vincent Ducrey , a fait du bon boulot ;-)

En espérant que les autres membres du gouv suivront l'exemple !...

A l’occasion de la nocturne du Salon de l'Agriculture, Michel BARNIER, Ministre de l'Agriculture et de la Pêche, débattra face aux blogueurs et aux internautes lors d'un WebCafé sur le stand du Ministère.

Le Webcafé sera animé par Thierry Solère.

Les thèmes du WebCafé
Pêche : objectif de la PCP, plan pour une pêche durable
Viticulture : AOC, compétitivité
Agriculture durable : grenelle de l’environnement, réchauffement climatique, diminution des pesticides, agriculture bio, …
Alimentation, nutrition, santé 
Recherche : « agriculture en 2025 », enseignement agricole, entreprenariat agricole, OGM… 

Focus - « Green power »
Actif stratégique : chaque année l’agroalimentaire français vend l’équivalent de 500 Airbus à l’étranger (en 2007, 9 milliards d’excédents commerciaux)
Présidence française de l’UE : PAC, « diplomatie agricole »
L’agriculteur est « connecté » : le numérique et le monde rural et agricole.

Pour aller plus loin :  et poser vos questions au Ministre.




Les chefs d'Etat et de gouvernement européens se retrouvent, jeudi 13 décembre, à Lisbonne pour signer le nouveau traité qui remplace la Constitution et devra, une fois ratifié, faciliter les décisions dans une UE à 27. Le signature du document se déroulera à partir de 12 locales (13 heures à Paris) dans le cloître du monastère des Jeronimos, en présence des représentats des Vingt-Sept, du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et du président du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering.

Le ''traité de Lisbonne'' a été approuvé par les Vingt-Sept lors d'un sommet informel les 18 et 19 octobre dans la capitale portugaise. Cette version simplifiée de la Constitution en a gardé les réformes institutionnelles destinées à améliorer le fonctionnement d'une UE désormais élargie à vingt-sept pays. Le texte doit être ratifié d'ici à juin 2009, avant la tenue des prochaines élections européennes.

Il devrait faciliter la prise de décision avec l'extension du vote à la majorité qualifiée – l'unanimité restant toutefois la règle pour certains domaines, comme la politique étrangère et la défense, la sécurité sociale et la fiscalité – ainsi que l'instauration à terme d'un nouveau système de vote à double majorité (55 % des Etats membres et 65 % de la population). Le texte renforce les prérogatives du haut représentant pour la politique étrangère et de sécurité commune, poste actuellement occupé par l'Espagnol Javier Solana, qui deviendra vice-président de la Commission européenne à partir du 1er janvier 2009.

La France entend donner l'exemple en étant l'un des premiers pays à ratifier le nouveau texte, dès février. La plupart des pays – sauf l'Irlande, tenue d'organiser un référendum – ont annoncé leur intention de ratifier le traité par voie parlementaire de peur qu'un "non" à un référendum ne torpille ce traité, qui remplace la Constitution européenne rejetée en 2005 lors de référendums français et néerlandais.

source : lemonde.fr



Militant de longue date d’une écologie humaniste, Michel Barnier est l’auteur des 100 nouvelles mesures en faveur de l’environnement [1990], du Défi écologique [1991] et d’un Atlas des risques majeurs [1992]. Quinze ans après et fort de son expérience internationale [ministre de l’Environnement, délégué aux Affaires européennes, commissaire européen, ministre des Affaires étrangères], il dresse aujourd’hui dans l’Atlas pour un monde durable, le nouveau bilan des risques majeurs et propose les mesures qui permettent encore, si elles sont prises à temps, d’éviter le pire. Il est actuellement ministre de l’Agriculture et de la Pêche.

Convictions & entretien, publié sur son site http://www.atlaspourunmondedurable.fr/ :

Qu’appelle-t-on le développement durable ?

Tout le monde sait que les ressources naturelles comme les espaces naturels ne sont ni gratuites ni inépuisables, il y a de moins en moins de pétrole, il y a de moins en moins d’eau potable, l’air est de plus en plus pollué, les espaces sont consommés par le béton, par le développement, par le transport, donc nous entrons dans un société où l’abondance est terminée. Cette société elle peut être, soit une société de privation, si nous ne prenons pas garde, soit une société de modération. Et c’est vers cette société de modération où l’on décourage le gaspillage et même on le sanctionne, où l’on fait attention à ce que l’on consomme, à la quantité de ce que l’on consomme, qu’il faut se diriger. Le développement durable, c’est ça. C’est un développement, parce qu’il faut vivre, il faut progresser, il faut créer du bonheur collectif, mais en même temps ne pas tirer un chèque en blanc sur les générations futures. Parce que si nous ne faisons pas attention aujourd’hui, il n’y aura pas du tout, ou de moins en moins de ressource pour nos enfants et nos petits enfants. Donc le développement durable, c’est un développement pour aujourd’hui, qui fasse attention à demain.

Vous êtes l’auteur de plusieurs ouvrages sur les mesures à prendre pour sauvegarder l’environnement. Ce sujet vous préoccupe depuis toujours…

Depuis très longtemps et depuis le début de mes engagements publics de jeune citoyen, dans les années 70, j’ai eu la chance d’être l’un des collaborateurs du premier ministre français de l’environnement, notre pays a été les premier pas européen à se doter d’un ministère de l’environnement en 1971, après l’Angleterre, et puis ensuite, à l’assemblée nationale, un peu solitairement, parce que ce n’était pas la mode, cela paraissait comme un sujet marginal, de m’engager comme rapporteur du Ministère de l’environnement qui avait déjà à cette époque un budget très modeste et puis d’essayer d’aller un peu plus loin, de faire un premier rapport que j’avais appeler chacun pour tous, accompagné d’une centaine de propositions concrètes et puis ensuite, au-delà du travail parlementaire, je me suis dit qu’il fallait parler aux gens, expliquer ce que je croyait, ce que je crois toujours, sur ce défi qui est probablement, le plus grave et le plus important pour notre vie quotidienne, et pour notre destin pour tous, et je l’ai accompagné quelques temps plus tard d’un Atlas, déjà des cartes, des images pour illustrer et donner plus de force au discours. Cet engagement-là, je le continue aujourd’hui, et dans toutes les fonctions que j’ai occupées par la suite, par exemple au Ministère des Affaires Etrangères, mon premier discours aux Ambassadeurs de France, ils étaient d’ailleurs assez surpris, le premier objectif, la priorité N° 1 de l’action extérieure de la France sera de lutter contre le réchauffement climatique.

Pourquoi un Atlas ? Le sujet est-il plus facile à appréhender par le biais de la cartographie ?

A coup sûr, une carte, parfois une image, cela vaut mieux qu’un long discours ou qu’un long texte et j’ai toujours pensé, j’avais déjà publié cet Atlas des risques majeurs en 1992 que l’importance, la gravité de ces enjeux écologiques, exigeaient pour être compris, pour mobiliser, d’être expliqués d’une manière pédagogique et simple. Donc il s’agit de dire la vérité des chiffres et des faits, il s’agit de les illustrer et notamment de les illustrer dans leur dimension globale, notre sort ici et partout en France où que nous habitions, dépend de ce que nous pouvons faire individuellement, dans notre commune, dans notre région, de ce que fera notre pays, et les autres pays européens avec lui, mais cela dépend aussi de ce qui se passe dans le reste du monde. On a dit, avec une pensée globale et une action locale, mais pour bien comprendre la pensée globale, il faut avoir une vision globale de la planète. Voilà ce que permet une carte, on voit bien que tout le monde est concerné, que les même enjeux se produisent ou s’aggravent, de manière dépendante les uns des autres, et c’est aussi pourquoi, nous avons privilégié la carte. Une carte proactive, une carte avec des chiffres, avec des faites, avec des commentaires, avec des propositions. Un Atlas pédagogique aussi.

En 144 pages, cet ouvrage permet de faire comprendre les enjeux et donne des propositions précises. Comment avez-vous articulé le sommaire de cet ouvrage ?

Ce sommaire part de ce que sont les droits de chacune et de chacun des citoyens, les droits humains, de manger correctement, le droit de respirer un air pur, de boire de l’eau potable, faute de quoi les maladies infectieuses se développent et se propagent, notamment dans les pays les plus pauvres. Le droit de vivre dignement.
A partir de cette réaffirmation des droits humains, j’ai voulu carte par carte, chapitre par chapitre, expliquer en quoi ces droits étaient aujourd’hui, menacés, mis en cause, sur l’ensemble de la planète, c’est en cela que les cartes sont nécessaires, et actuellement plus gravement encore dans les pays les plus pauvres.
Et sujet par sujet, nous expliquons quels sont ces enjeux, et j’ai voulu aussi, comme je l’avais fait il y a une quinzaine d’années, pour que, en connaissant cette réalité, on ne se panique pas, il s’agit de comprendre, non pas pour s’effrayer, mais pour réagir, pour agir j’ai voulu montrer qu’il n’y avait pas de fatalité et qu’il était encore temps même s’il est tard, il n’est pas trop tard, et donc j’ai accompagné cette explication pédagogique, cette illustration avec des cartes d’un certains nombres de propositions.

Que faut-il faire au plan collectif, national et international, et individuel pour sauver la planète ?

On peut agir individuellement, en consommant moins, en faisant attention aux économies d’énergie, en faisant attention à son propre comportement, à sa propre consommation. Le kilowatt qui coûte le moins cher et qui pollue le moins c’est celui qu’on ne consomme pas et que l’on ne produit pas. Donc il y a des réserves d’économie possible dans notre vie quotidienne. On peut agir pour le traitement des déchets en sélectionnant dans sa commune, ou dans le groupement de commune. On peut agir sur le plan d’un territoire en aménageant correctement ou plutôt en ménageant le territoire. On doit agir au niveau européen, j’ai été commissaire européen, et j’ai bien vu comment la voix de l’Europe était forte, donc la voix de la France parce qu’elle était européenne, et c’est comme cela pour les autres pays, et c’est comme cela que nous avons adopté le protocole de Kyoto y compris par des pays ou qui sont encore réticents.
Donc, si l’on fait un zoom, comme avec une photographie, on voit bien que ces grands enjeux concernent la planète et le plus grand danger est celui de ce réchauffement climatique, de ces 3 ou 5 degrés qu’on va gagner si je puis dire d’ici une centaine d’années, ce sont nos enfants, nos petits-enfants qui sont concernés qui va bouleverser tous nos comportements, nos habitudes de consommer, de produire, de nous déplacer, d’aménager, et donc ; il est temps de réagir, il est possible de réagir dans notre vie quotidienne, dans notre destin de citoyen et au niveau du monde entier notamment par la création d’une organisation mondiale de l’environnement.

Vous vous êtes entouré d’une équipe de spécialistes pour rédiger cet ouvrage…

En bien évidemment, un travail ne peut pas et ne doit pas être un travail solitaire, d’ailleurs on ne peut pas agir solitairement pour cette cause, et donc comme je l’avais fait il y a une quinzaine d’années dans mon premier Atlas des risques majeures, c’est une équipe de spécialistes, des gens qu’on a sollicité, consulté, avec lesquels on a vérifié, quand on parle de d’environnent, de la planète, des grands sujets, de l’eau, de l’air, des ressources naturelles de la biodiversités, du changement climatique, il y a plein de données qui existent, de chiffres et de faits que l’on peut trouver dans les organisations internationales comme les Nations Unies, à Nairobi ou à l’Organisation Mondiale de la Santé. Nous avons rassemblé tout cette masse d’informations, on les a traduites dans des cartes, ça c’est un travail de spécialiste, et puis on a vérifié l’ensemble de ces données avec des écologues, des géographes, des spécialistes de l’ensemble de ces sujets, donc c’est clairement un travail collectif. Je l’avais déjà fait une fois, et c’est ce travail là que je veux porter que je veux expliquer, comme le précédent Atlas, j’avais très clairement décrit les risques des tsunami, nous avions fait ce livre en 1992, et j’avais précisément montré les failles, géologiques et les risques sismiques de l’océan indien et les conséquences les plus graves d’un tsunami pour les pays les plus pauvres. Donc c’est ce même type de travail que j’ai eu la chance d’animer cette fois-ci.

 A l’occasion de la journée de l’Europe, Michel Barnier déclare que « le moment est venu de réconcilier les citoyens avec le projet européen ».
« Nous avons entendu tout au long de cette campagne, cette incompréhension, ce sentiment que l’Europe était une sorte d’espace ouvert » explique l’ancien ministre des Affaires étrangères qui était l’ invité d’Europe 1 mercredi 9 mai.
Tout en restant fidèles aux valeurs qui ont présidé à la création de l’Europe, il a appelé à tirer les leçons de tous ces échecs et « mettre davantage de politique », « davantage de protection » « et davantage d’humanité à l’intérieur des politiques qui intéressent les citoyens » dans les domaines comme « l’énergie, l’environnement, l’éducation, la recherche ».
« L’Europe doit protéger en même temps qu’elle doit se faire entendre. La protection, ce ne sont pas seulement les emplois dont il s’agit, contre des produits qui rentrent chez nous en étant fabriqués au mépris de toutes les règles environnementales ou sociales. C’est la protection contre le réchauffement climatique, c’est la protection contre l’insécurité, c’est la protection contre l’influence des autres » a-t-il fait valoir.

L’Europe ne doit « pas être ni sous-traitante de l’économie chinoise ou américaine ni sous influence ». « Moi je n’a pas envie que l’avenir de mes enfants se fasse à Wall Street ou se défasse à Pékin » a-t-il confié. « Il faut préserver cette force européenne ou la reconstituer. Et dans cette force, il faut que la France soit là ». Il a rappelé que « depuis deux ans, depuis que les Françaix ont voté non au référendum (…) notre influence s’est réduite, a été limitée, parce que le autres ne nous ont pas compris ». Et de conclure : « quand Nicolas Sarkozy dit que la France est de retour, il faut que la France reprenne sa place, car l’Union européenne dont nous sommes l’un des fondateurs doit avoir la France en tête ».



Barnier répond à la BlogTeam du QG de Sarkozy en marge de la soirée de l'Atelier Europe
Debat-Sarkozy : l'Europe
envoyé par
QG-Sarkozy

A l'occasion du 50ème anniversaire du Traité de Rome, l'Atelier Europe de l'UMP a organisé une conférence-débat hier soir à l'Assemblée Nationale, dans la belle salle boisée Colbert.

Vincent Yquel et Camille Servan-Schreiber & le public nombreux ont pu débattre avec des intervenants de grande qualité :

* Michel Barnier,
conseiller politique de Nicolas Sarkozy sur les questions européennes et internationales & président fondateur du club politique Nouvelle République.

* Salomé Zourabichvili, ancienne Ministre des Affaires Etrangères de Géorgie et Présidente de la Voie de la Géorgie.

* Jean François-Poncet, Secrétaire général de la Délégation française chargée de négocier les Traités du Marché Commun et de l'EURATOM en 1957, et à ce titre, l'un des principaux acteurs des négociations du Traité de Rome.

* Baudoin Bollaert, journaliste, spécialiste des questions européennes, chargé d’enseignement à l’Institut d’Études Politiques de Paris et à Paris II, en relations internationales.

Le débat fut vraiment passionant ! Bravo à
l'atelier Europe pour cette soirée riche, et qui témoigne du dynamisme de sa sympathique équipe, dont chaque membre a aidé à faire de cette soirée un succès !

Je vous recommande vivement de lire le discours prononcé par Vincent et Camille en guise d'ouverture de la soirée-débat, follow me, & cliquez
ici.

crédit photo : www.integrace.cz

Nous avons besoin d'un président-capitaine

Dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, le nouveau président français devra faire valoir les intérêts de notre pays, faire entendre sa voix. Ce monde, je peux en témoigner, espère souvent la France et l'Europe, mais il ne les attendra pas. Ce monde est dangereux, instable, fragile, injuste.
 
Dans le monde tel qu'il est aujourd'hui, le nouveau président français devra faire valoir les intérêts de notre pays, faire entendre sa voix. Ce monde, je peux en témoigner, espère souvent la France et l'Europe, mais il ne les attendra pas. Ce monde est dangereux, instable, fragile, injuste.
 
Et les défis sont là ! Dès le 7 mai au matin, il faudra les affronter :
 
- d'abord, le plus grave et le plus global d'entre eux : le changement climatique; 
 
- ensuite : la paix ou la guerre au Proche-Orient, cet Orient si proche de nous...
 
- mais aussi l'Afrique, qui a tant besoin d'un développement équitable et d'un nouveau partenariat; 
 
- il y a également les États-Unis, avec lesquels nous devons parler franchement et amicalement, à qui nous pouvons dire : l'alliance, ce n'est pas l'allégeance;
 
- et enfin notre propre continent, notre Europe, qui doit à la fois mieux s'organiser pour être unie, accueillir, le moment venu, la région si sensible des Balkans et être capable de proposer clairement à la Turquie un partenariat concret, plutôt qu'une adhésion désormais improbable.
 
Face à ces défis-là et à quelques autres, comme notre dialogue avec l'autre rive de la Méditerranée, l'Asie, l'Amérique latine ou la Russie, de quel président avons-nous besoin ? Et quelle doit être la voix de la France ?
 
Sûrement pas une voix qui se tait, comme l'autre jour à Beyrouth en face du Hezbollah, au lieu de dire clairement notre attachement à la souveraineté du Liban, à la sécurité d'Israël et à l'existence d'un État palestinien.
 
Sûrement pas une voix qui, comme l'autre jour en Chine, critique nos propres entreprises, leurs ouvriers et leurs cadres au lieu de les encourager à tenir leur place dans la mondialisation en s'appuyant sur nos compatriotes qui vivent et travaillent à l'étranger.
 
Sûrement pas une voix qui, sur cette question de la Turquie, attend de savoir ce que dira l'opinion publique dans dix ou quinze ans.
 
Sûrement pas une voix qui hésite à propos de l'Union européenne au moment où tous nos partenaires nous demandent d'en parler à nouveau, entre nous et avec eux. C'est d'ailleurs ce que vient de faire, et il a été le premier et le seul, Nicolas Sarkozy en France et à Bruxelles.
 
Enfin, sûrement pas une voix qui provoque inutilement un pays ami comme le Canada.
  
Ce dont je suis sûr, c'est que la France ne peut pas se permettre de choisir un président, ou une présidente, qui se tait, qui hésite et qui attend. La France ne peut pas être spectatrice de son propre avenir.
 
Ce dont je suis sûr, c'est que le président de la République, s'il doit prendre le temps d'écouter et de comprendre, aura surtout à exprimer des convictions, à prendre des décisions, à faire des choix. Sa main ne peut pas ­trembler si l'on veut que la France soit écoutée et respectée.
 
Le général de Gaulle a écrit un jour : « Nous sommes un peuple en marche, on nous y force. Le ­siècle nous y force, mais nous ­sommes en marche vers une mer inconnue, vers un destin que nous ne savons pas. Pour cette marche, il faut que le peuple soit ensemble. »
 
Vers ce destin, dans le monde dangereux où nous vivons, vers cette mer inconnue, il nous faut décidément un capitaine qui fixe le cap et qui tienne la barre.
 
Pour avoir choisi de l'accompagner depuis plus d'un an, je sais et je suis sûr qu'avec Nicolas Sarkozy, la France a trouvé ce capitaine.

Michel Barnier est ancien ­ministre des Affaires étrangères et conseiller politique de Nicolas Sarkozy.
source : lefigaro.fr 26-01-07