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La Charte 77 (en tchèque : Charta 77) est une pétition des dissidents opposant le processus de "normalisation" communiste de la société tchécoslovaque.

 En 1976, des individus venus d'horizons différents se réunissent pour protester contre l'attitude répressive du gouvernement communiste de Gustav Husak contre le groupe rock underground The Plastic People of the Universe.
Ils rappellent publiquement au gouvernement son engagement concernant le respect des Droits de l'homme signé en 1975 à la Conférence d'Helsinki. En décembre 1976, une pétition intitulée « Charte 77 », commence à circuler et à être signée par des personnalités du monde des arts, des citoyens lambda, des professeurs d'université… laquelle exige du gouvernement de respecter ses engagements publiés au Journal Officiel (Sbirka Zakonu) en octobre 1976.

Vaclav Havel

Les auteurs et premiers signataires de la Charte 77 sont l'auteur dramatique et futur président Vaclav Havel, le philosophe Jan Patocka, Zdenek Mlynar, le diplomate et ancien ministre des affaires étrangères Jirí Hajek et l'écrivain Pavel Kohout.
La Charte 77 réunit 242 signataires au moment où la répression à leur encontre commence. Elle continue néanmoins de circuler. Le nombre des signataires est en soi négligeable, cependant la Charte 77 est considérée comme un moment clé dans le mouvement de résistance au régime communiste totalitaire alors que la « normalisation » bat son plein après le Printemps de Prague de 1968.
Parmi ses signataires, on trouve, outre les auteurs suscités, des représentants du monde littéraire Ludvík Vaculík, Jirí Kolár, Pavel Juracek, Oldrich Cerny ou des hommes politiques impliqués dans le printemps de Prague.
À l'inverse de Solidarnosc qui nait trois ans plus tard dans la Pologne voisine et qui devient un mouvement de masse sur une base syndicale et chrétienne, la Charte 77 reste limitée aux cercles intellectuels tchécoslovaques mais elle n'en a pas moins, tout comme Solidarnosc, contribué de façon directe, à la chute du communisme en 1989.
À l'étranger, plusieurs initiatives voient le jour pour soutenir la Charte 77 :
en 1977, à Paris, se crée le Comité international pour le soutien des principes de la Charte 77 en Tchécoslovaquie (Mezinárodní výbor na podporu zásad Charty 77 v Ceskoslovensku)
en 1978, autour de personnes impliquées dans le journal de gauche suédois Folket i Bild une Fondation Charte 77 est créée, représentée par Petr Larsson, Petr Gavelinet, Jirí Pallas. 

Surréaliste s'il en est, le gouvernement communiste organise une contre-pétition qui prendra tout naturellement le nom d’« anticharte » et les artistes sont fortement invités à la signer ce qui est, assez évidemment analysé comme un signe de soumission servile au régime en place.
Le 27 janvier 1977, tous les artistes en vue ou connus sont invités au Théâtre national pour écouter l'actrice Jirina Švorcová déclamer un appel Pour une nouvelle création au nom du socialisme et de la paix, suite à quoi ils sont invités à y apposer leur signature. Le journal Rudé Právo publie le 31 janvier 1977 la liste des-dits signataires y ajoutant, çà et là, celle de personnes que le régime voulait voir à ses côtés…
Parmi les signataires de l'Anticharte, on citera Bohumil Hrabal qui était tombé en disgrâce au moment du Printemps de Prague et dont la signature réenclenche le processus éditorial de ses œuvres.
La Charte 77 est représentée par trois porte-paroles nommés pour un an.
Elle a pour objet de construire un dialogue constructif avec les autorités et le gouvernement, d'attirer son attention sur les manquements aux droits fondamentaux de l'homme et du citoyen et de proposer des solutions.

L'année 2007 marque le trentième anniversaire de la Charte 77, un anniversaire célébré également en France, cette semaine.
Pavel Fischer

L'ambassadeur tchèque en France, Pavel Fischer commente l’évènement :  
 
« Notre ambassade accompagne voire organise plusieurs événements autour de cet anniversaire. Le jour le plus important sera le jeudi 25 janvier, où aura lieu au CERI de Paris deux tables rondes. L'une autour du processus de Helsinki, un peu à l'origine de la Charte 77, l'autre autour de la personnalité et de l'oeuvre de Jan Patocka, philosophe tchèque et grand penseur de l'époque, très proche de la France - son amitié avec Paul Ricoeur notamment était exceptionnelle. Le même jour, nous aurons une belle rencontre au Centre tchèque, où viendront tous les gens qui ont accompagné la Charte, les dissidents toutes origines confondues - gens de gauche, de droite, les intellectuels, les chrétiens, les laïcs et autres. La veille, ce mercredi, nous aurons un débat plus modeste à Rennes et le lendemain, le 26, il y aura également un débat à Sciences-po Dijon. »
Il y aura aussi des projections et une messe spécialement donnée pour l'occasion...

 « La projection d'un film DU THÉÂTRE AU POUVOIR, un film de Karel Prokop sur l'oeuvre du dramaturge et Président tchèque Vaclav Havel, aura lieu la semaine suivante, toujours au centre tchèque, et pour le dimanche 4 février nous préparons la célébration d'une messe solennelle à Notre-Dame de Paris, l'occasion de rappeler cette amité et proximité entre nos peuples et portée par beaucoup de communautés. Elle sera présidée par Monseigneur Vingt-Trois, archevêque de Paris, et concélébrée par Vaclav Maly, évêque auxiliare de Prague, ancien signataire de la Charte. »
On a parlé un moment du projet d'aposer symboliquement une plaque sur l'immeuble où avait ses locaux la revue Svedectvi (Témoignages), fondée par Pavel Tigrid et à laquelle ont participé bon nombre de dissidents tchécoslovaques à l'époque. Ce projet est-il toujours d'actualité ?
« Le projet d'aposer une plaque au centre de Paris pour commémorer la personnalité de Pavel Tigrid et son activité en tant que directeur de la revue Svedectvi est bien vivant. Cette plaque est déjà réalisée et nous guettons en quelque sorte l'opportunité de la dévoiler officiellement. Pour ne rien vous cacher, nous envisageons pour le moment le mois de mars. Les détails seront communiqués ultérieurement, nous attendons la présence de décideurs politiques importants et nous souhaiterions caler la date de l'inauguration dans leur agenda, ce qui n'est pas une chose aisée. »

source : wikipédia & radio Prague