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Un article de ma binône, CD, qui s'est prêté au jeu !


L’université d’été du Medef propose ce jeudi matin un atelier consacré aux notions de règles et de valeurs en entreprise. La première partie de ce débat est dédiée à la nature même de ces règles et valeurs, alors que la seconde partie s’intéresse à ceux qui les transmettent, et plus particulièrement aux établissements d’enseignement supérieur.

Cette seconde partie offre donc (… enfin !) l’occasion de dépoussiérer les vieux débats idéologiques sur les relations entre universités et entreprises, et de comprendre pourquoi ce qui marche « ailleurs » en matière d’enseignement ne marcherait pas « chez nous »… 

Les sujets de crispation sont nombreux : faut il sélectionner les étudiants ? Si oui, comment ? Quelle place pour la recherche en France ? Comment la financer ? Quel est le rôle de l’entreprise dans l’enseignement ?

Trois interlocuteurs sont réunis pour trancher ces questions: Jean Robert Pitte, président de la Sorbonne, Bernard Ramanantsoa, directeur d’HEC, et Gabriel Pachéco, président du groupe Merci +, représentant les jeunes chefs d’entreprise. Une palette diversifiée… pour des points de vue plutôt convergents !!!

Les situations sont bien sûr contrastées : Jean-Robert Pitte,  auteur de l’ouvrage polémique « Jeunes, on vous ment ! », revient sur les difficultés observées dans le premier cycle universitaire en France. D’une part, les « bons » élèves du lycée se dirigent davantage vers les filières sélectives (classes préparatoires, IUT, BTS, IEP, …), et d’autre part, les taux d’échecs des étudiants inscrits en premier cycle sont très élevés, parfois proches de 73% dans certaines filières.

L’une des sources de ce problème réside selon JR Pitte dans l’incapacité des universités de sélectionner leurs étudiants en première année, ce qui laisse place à une sélection tardive et souvent inefficace…. (UNEF, à bon entendeur…)

Bernard Ramanantsoa semble vouloir pondérer le point de vue selon lequel, les grandes écoles ont la  « vie facile » pour attirer les bons étudiants. Il ne faut pas oublier la concurrence des établissements étrangers, d’autant plus que la mobilité étudiante est de plus en plus forte au niveau master. Dès lors, il convient d’attirer les étudiants étrangers, ce qui passe par le recrutement des enseignants chercheurs  les plus performants. Il est nécessaire de prendre conscience de l’importance de la recherche, qui doit soutenir et renforcer la compétitivité d’un pays. Souhaitons qu’il soit entendu, la partie est malheureusement loin d’être gagnée à ce niveau…

Issu lui-même d’une grande école, Gabriel Pachéco souligne l’importance de l’effet « réseau » de ces établissements lors des recrutements. Par ailleurs, il critique le cloisonnement du système français, qui gagnerait à plus d’ouverture par le biais de passerelles entre les formations. Le vœu est pieux, mais sa réalisation certainement plus difficile…

Suite à cette intervention, JR Pitte rappelle que les relations entre l’université et l’entreprise ont longtemps connu de vives tensions, mais elles s’améliorent (selon lui !), notamment  à travers la création de filières « professionnalisantes ». Reste à savoir jusqu’à quel point les mentalités suivront ce mouvement…

C D