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Soirée chez Luc Chatel, pour une présentation du futur site web du porte-parole du Gouvernement aux leaders d'opinion de la toile.

Selon Chatel, le porte-parolat doit être un lieu d'échange d'idées, et son titulaire doit éviter deux écueils :

- faire du "Alain Peyrefitte", la voix de son maître.
- éviter de dire des "conneries" dès le 1er jour, selon la formule de Sarkozy...

L'ambition de l'ancien membre du bureau politique de Démocratie Libérale est d'expliquer aux français la politique du gouvernement, par un travail de pédagogie.
Le nombre de réformes engagées simultanément nécessite de mettre en perspective ces décisions, de montrer leur impact dans la vie quotidienne des citoyens, mais aussi dans la durée.

Internet étant un formidable outil de proximité, c'est un instrument de com politique très adapté aux attentes des français, d'où l'ouverture prochaine du site www.porte-parole.gouv.fr qui sera à la fois bottom-up et top-down, avec mise en ligne d'argumentaires et d'explication des (projets de) lois, et suivra également un forum interactif.

A ma question de savoir la différence de rôle entre porte-parole et patron du Service d'information du Gouvernement (Thierry Saussez, communicant politique hors pair récemment nommé...), Chatel m'a répondu que :
- le porte-parole adresse un message politique, aux médias (conf presse, etc), et s'occupe des relations extérieures, comme un marketeur ;
- alors que Thierry Saussez, lui, intervient dans les campagnes de com du gouvernement, comme publicitaire (cf la campagne lancée hier sur le pouvoir d'achat).

Excellente soirée, bien que trop courte, auprès d'un homme politique au parcours professionnel à la fois dans le privé (L'Oréal...) et dans le public, basé à Paris mais élu à Chaumont. Une alchimie qui lui permet sans doute de mieux percevoir le "pays réel".

Merci à Vincent Ducrey pour son invitation & cette soirée pleine d'innovations !



Le porte-parole de l'Élysée, David Martinon, tiendra chaque semaine un point de presse.

C'est le « syndrome » de la Maison-Blanche. L'équipe de Nicolas Sarkozy dépoussière la communication présidentielle. Bousculant les usages, au risque d'empiéter sur le rôle du porte-parole du gouvernement, Laurent Wauquiez, l'Élysée a inauguré hier son premier point presse rendant compte des activités du président de la République.

David Martinon, porte-parole de l'Élysée, jeune énarque et diplomate de 36 ans, s'est chargé de cette grande première. L'Élysée a soigné le décor en rénovant un studio de télévision installé dans une dépendance du Palais, rue de l'Élysée. C'est Claude Chirac qui avait eu l'idée d'aménager ce studio que son père n'aura jamais utilisé, ni ses collaborateurs. L'équipe Sarkozy a décidé, elle, d'en faire son QG de communication pour impulser une « com'new style » selon la formule d'une attachée de presse.

Hier, en présence d'une quarantaine de journalistes, David Martinon s'est donc installé au milieu d'une scène bleu marine et derrière un pupitre transparent sur lequel figurent l'écusson de l'Élysée accompagné de la mention « présidence de la République ». Pendant vingt minutes, il a passé en revue l'agenda international du chef de l'État puis détaillé ses déplacements en France et ses rendez-vous politiques à Paris.

Sur le fond, rien de bien neuf, puisque le même agenda était adressé précédemment par fax à tous les médias. Mais tout change avec la forme choisie et cette mise en scène très soignée. Une méthode directement empruntée aux Américains et initiée sous Ronald Reagan. Seule différence : le point presse du porte-parole du président des États-Unis, qui se tient dans un studio de télévision similaire, est quotidien.

Pour son premier point presse hebdomadaire, David Martinon, cravate mauve sur chemise blanche et strict costume gris, a annoncé que le président participerait lundi à une « réunion républicaine » sur le thème de l'Europe à Strasbourg. Le lendemain, il inaugurera le tramway de Marseille. Martinon a ensuite répondu à vingt-deux questions. À l'aise, l'ancien directeur adjoint de la campagne présidentielle n'a éludé aucun sujet : passant des affaires du Proche-Orient au Darfour, d'Ingrid Betancourt aux dossiers industriels EADS et Alcatel-Lucent. 

Il ne s'interdit pas, non plus, les dossiers plus politiques. Quel périmètre d'expression reste-t-il à François Fillon, lui demande-t-on ? « Je ne suis pas le porte-parole du premier ministre. Le couple exécutif travaille remarquablement bien. » Relancé sur le contenu de la déclaration de politique générale programmée le 3 juillet, Martinon ajoute, un peu maladroit : « Nicolas Sarkozy et François Fillon ont préparé ensemble le projet présidentiel. Il n'aura pas à faire preuve de beaucoup d'imagination pour son discours de politique générale. » 

Au bout d'une heure, une dernière question surgit. Un journaliste l'interroge sur l'entraîneur de football Guy Roux, jugé trop vieux (il a 68 ans, NDLR) par la Ligue professionnelle de football pour entraîner le club de Lens. À la fois sérieux et très pro, Martinon rétorque : « Nicolas Sarkozy considère que c'est plus la règle qui est vieille que Guy Roux. »

source : le Figaro