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Lu sur le blog de Guy Sorman : 

"On ne gagne jamais seul, ni par hasard. La personnalité compte, le projet aussi, l’organisation, bien entendu. Mais importe plus encore le souffle de l’histoire, le grand vent des idées dominantes : Nicolas Sarkozy emporte la conviction populaire car, en même temps, une vague le soulève. Celle-ci vient de loin, du début des années 1980.

À cette époque, le marxisme, enfin, est à bout de souffle : Soljenitsyne en annonce l’effondrement moral. Le social étatisme, dans sa version occidentale, ne se portait pas mieux : les économies d’Europe et des Etats-Unis versaient dans l’inflation et le chômage. Plus les Etats intervenaient, plus le marasme gagnait. Le champ éthique aussi était en lambeaux : l’Eglise ne digérait pas Vatican II tandis que Mai 68, chant libertaire à l’origine, dégénérait en un relativisme désespéré. D’affreuses maladies nouvelles s‘en mêlèrent, comme pour souligner que tout n’était pas permis.

Au seuil de ces abîmes, l’Occident tout entier s’est ressaisi : ce sursaut, selon les traditions locales, dans les années 1980, s’est appelé Révolution conservatrice ou Révolution libérale ou néo-libérale. L’étatisme qui jusque-là, semblait la solution, fut soudain dénoncé comme étant le problème. De cette révolution dans la pensée dominante, ont surgi de nouvelles politiques : moins d’Etat, plus de marché, plus d’ordre aussi, la tolérance-zéro face aux crimes. Cette pensée nouvelle qui a ses philosophes (Bertrand de Jouvenel, Friedrich Hayek), ses héros politiques (Ronald Reagan, Margaret Thatcher, José Maria Aznar, Helmut Kohl) et spirituels (Jean-Paul II), a gagné toutes les nations d’Occident, de l’Est - l’URSS s’effondre – et du Sud – la Chine et l’Inde se rallient à l’ordre économique libéral. L’autoritarisme ancien cède aussi devant la technique : Internet, plus qu’un mode de communication, impose des normes et comportements franchement libéraux, individualistes et mondialistes simultanément.

Mais un Etat, un seul, résiste : la France évidemment. Partout la dépense publique recule, ici elle progresse. Partout, la loi et l’ordre contiennent l’insécurité ; chez nous, on tolère, on analyse, on se repend. En Europe, tous les Partis socialistes rejettent le marxisme, tous devinent dans la croissance économique le vrai chemin vers l’équité. Pas de ça en France : nos marxistes sont immuables. François Furet avait expliqué cela : les marxistes sauvent leur peau en se faisant passer pour les continuateurs de la Révolution de 1989. Impensable de se défaire de pareil héritage : nos écoliers en sont gavés. Plus trivialement, vingt pour cent des Français qui travaillent dans le secteur public craignent que le libéralisme ne détruise leur cocon : un libéralisme non pas expliqué mais diabolisé, avec le concours efficace des apparatchiks de l’enseignement.

Notre Droite resta tout aussi congelée, hormis l’intermède libéral de 1986-88 .La mémoire du Gaullisme sans doute, et l’emprise de l’Enarchie sur les partis, ont interdit la mutation libérale au moment même où elle était possible et nécessaire : dans les années 1980, le monde a privatisé, la France a nationalisé. Nous en prendrons pour vingt-cinq ans, de blocage, de myopie, assorti d’un substantiel retard de notre niveau de vie et de nos espérances : la France, homme malade de l’Occident.

Jusqu’à ce que les Français se rendent à l’évidence : le monde ayant changé, il convient maintenant de le rattraper. Dans notre Histoire, cette démarche n’est pas neuve : nous aimons cultiver notre singularité, nous inscrire à contre-courant, prétendre que jamais nous n’agirons comme les autres. Et surtout pas comme des anglo-saxons. Avant de faire comme tous les autres mais avec un certain décalage.

Ainsi de Gaulle vint et décolonisa parce qu’avant lui, nul n’osa. Giscard d’Estaing ? Parce qu’il était jeune, il comprit son époque et il aligna la loi sur les mœurs. Et Nicolas Sarkozy ? Il lui appartiendra de rendre l’Etat efficace car il n’est pas de société libre sans un Etat qui marche. Il permettra aux entrepreneurs d’entreprendre car l’économie libre est aussi simple que cela. Ce projet étant désormais celui du Président de tous les Français, il aura besoin d’une sorte d’acquiescement de la gauche. C’est possible : à l’honneur de Ségolène Royal, malgré son Parti et ses alliances, elle aussi aura esquissé une révolution conservatrice. Mais Nicolas Sarkozy a mieux compris et mieux interprété l’instant : la France était arrêtée à l’heure de son clocher, il la remet à l’heure du temps."

Guy Sorman


La photo officielle du président Nicolas Sarkozy, destinée à prendre place dans les mairies, écoles et autres établissements publics français, montre le nouveau chef de l'Etat debout, costume gris anthracite et chemise bleue à rayures, légion d'honneur à la boutonnière, le visage légèrement tourné, sur fond de bibliothèque élyséenne, au côté des drapeaux français et, pour la première fois, européen.

Comme ses prédécesseurs Charles de Gaulle, Georges Pompidou et François Mitterrand, Nicolas Sarkozy a choisi le décor classique de rangées de livres aux reliures anciennes de la bibliothèque de l'Elysée.

Valéry Giscard d'Estaing avait été photographié sur fond de drapeau français, et Jacques Chirac en décor extérieur, avec le palais de l'Elysée en arrière-plan.

Le portrait du président Sarkozy est l'oeuvre d'un photographe de l'agence Sipa, Philippe Warrin, 44 ans, déjà auteur de l'affiche du candidat UMP pour le premier tour de la présidentielle portant le slogan "Ensemble, tout devient possible".

Cette image officielle est mise en place dans les mairies des quelque 36.000 communes françaises, dans les écoles, les ambassades de France à l'étranger, les ministères...

 
Parmi les nombreuses personnes que j’ai eu la chance de voir travailler durant la campagne, Olivier Ubeda, directeur des relations publiques de l’UMP m’a convié à plusieurs reprises en tant que bloggeur aux meetings du candidat. Un grand merci à Olivier, et bravo pour son excellent travail avec toute la joyeuse troupe des « Ubeda boy’s ».  
Mais au fait, comment ça se passe, un meeting, côté coulisses ? La réponse ci-dessous :





Vive les Frogs !!!

:-)




La déclaration de Nicolas Sarkozy :

Mes chers compatriotes,

En m’adressant à vous ce soir, dans ce moment qui est, chacun le comprend, exceptionnel dans la vie d’un homme, je ressens une immense émotion.

J’éprouve depuis mon plus jeune âge la fierté indicible d’appartenir à une grande, vieille et belle nation, la France. Je l’aime comme on aime les êtres chers qui nous ont tout donné. Maintenant c’est à mon tour de tout lui donner.

Ce soir ma pensée va aux millions de Français qui aujourd’hui m’ont témoigné leur confiance. Je veux leur dire qu’ils m’ont fait le plus grand honneur qui soit à mes yeux en me jugeant. digne de présider aux destinées de la France.

Ma pensée va à tous ceux qui m’ont accompagné dans cette campagne. Je veux leur dire ma gratitude et mon affection.

Ma pensée va à Madame Royal. Je veux lui dire que j’ai du respect pour elle et pour ses idées dans lesquelles tant de Français se sont reconnus.

Ma pensée va à tous les Français qui n’ont pas voté pour moi. Je veux leur dire que par-delà le combat politique, par-delà les divergences d’opinions, il n’y a pour moi qu’une seule France.

Je veux leur dire que je serai le Président de tous les Français, que je parlerai pour chacun d’entre eux. Je veux leur dire que ce soir, ce n’est pas la victoire d’une France contre une autre. Il n’y a pour moi ce soir qu’une seule victoire, celle de la démocratie, celle des valeurs qui nous unissent, celle de l’idéal qui nous rassemble. Ma priorité sera de tout mettre en œuvre pour que les Français aient toujours envie de se parler, de se comprendre, de travailler ensemble.

Le peuple français s’est exprimé. Il a choisi de rompre avec les idées, les habitudes et les comportements du passé. Je veux réhabiliter le travail, l’autorité, la morale, le respect, le mérite. Je veux remettre à l’honneur la nation et l’identité nationale. Je veux rendre aux Français la fierté d’être Français. Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres.

Le peuple français a choisi le changement. Ce changement je le mettrai en œuvre parce que c’est le mandat que j’ai reçu du peuple et parce que la France en a besoin. Mais je le ferai avec tous les Français. Je le ferai dans un esprit d’union et de fraternité. Je le ferai sans que personne n’ait le sentiment d’être exclu, d’être laissé pour compte. Je le ferai avec la volonté que chacun puisse trouver sa place dans notre République, que chacun s’y sente reconnu et respecté dans sa dignité de citoyen et dans sa dignité d’homme. Tous ceux que la vie a brisés, ceux que la vie a usés doivent savoir qu’ils ne seront pas abandonnés, qu’ils seront aidés, qu’ils seront secourus. Ceux qui ont le sentiment que quoi qu’ils fassent ils ne pourront pas s’en sortir doivent être sûrs qu’ils ne seront pas laissés de côté et qu’ils auront les mêmes chances que les autres.

J’appelle tous les Français par-delà leurs partis, leurs croyances, leurs origines, à s’unir à moi pour que la France se remette en mouvement.

J’appelle chacun à ne pas se laisser enfermer dans l’intolérance et dans le sectarisme, mais à s’ouvrir aux autres, à ceux qui ont des idées différentes, à ceux qui ont d’autres convictions.

Je veux lancer un appel à nos partenaires européens, auxquels notre destin est lié, pour leur dire que toute ma vie j’ai été européen, que je crois en la construction européenne et que ce soir la France est de retour en Europe. Mais je les conjure d’entendre la voix des peuples qui veulent être protégés. Je les conjure de ne pas rester sourds à la colère des peuples qui perçoivent l’Union Européenne non comme une protection mais comme le cheval de Troie de toutes les menaces que portent en elles les transformations du monde.

Je veux lancer un appel à nos amis Américains pour leur dire qu’ils peuvent compter sur notre amitié qui s’est forgée dans les tragédies de l’Histoire que nous avons affrontées ensemble. Je veux leur dire que la France sera toujours à leurs côtés quand ils auront besoin d’elle. Mais je veux leur dire aussi que l’amitié c’est accepter que ses amis puissent penser différemment, et qu’une grande nation comme les Etats-Unis a le devoir de ne pas faire obstacle à la lutte contre le réchauffement climatique, mais au contraire d’en prendre la tête parce que ce qui est en jeu c’est le sort de l’humanité tout entière.

Je veux lancer un appel à tous les peuples de la Méditerranée pour leur dire que c’est en Méditerranée que tout se joue, et que nous devons surmonter toutes les haines pour laisser la place à un grand rêve de paix et de civilisation. Je veux leur dire que le temps est venu de bâtir ensemble une Union Méditerranéenne qui sera un trait d’union entre l’Europe et l’Afrique.

Je veux lancer à tous les Africains un appel fraternel pour leur dire que nous voulons les aider à vaincre la maladie, la famine et la pauvreté et à vivre en paix. Je veux leur dire que nous déciderons ensemble d’une politique d’immigration maîtrisée et d’une politique de développement ambitieuse.

Je veux lancer un appel à tous ceux qui dans le monde croient aux valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d’humanisme, à tous ceux qui sont persécutés par les tyrannies et par les dictatures, à tous les enfants et à toutes les femmes martyrisés dans le monde pour leur dire que la France sera à leurs côtés, qu’ils peuvent compter sur elle.

Mes chers compatriotes, nous allons écrire ensemble une nouvelle page de notre histoire. Je suis sûr qu’elle sera grande et belle, et du fond du cœur ce soir je vous dis :

Vive la République !

Vive la France !


Stairway to... Elysée...?

Présent hier au dernier meeting parisien du candidat, j'ai particulièrement apprécié le passage de son discours sur mai 68, dont je ne livre ici que des extraits.

"La morale, après mai 68, on ne pouvait plus en parler. C’était un mot qui avait disparu du vocabulaire politique. Pour la première fois depuis des décennies, la morale a été au cœur d’une campagne présidentielle.

Mai 68 nous avait imposé le relativisme intellectuel et moral. Les héritiers de mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait aucune différence entre le bien et le mal, entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître, qu’il ne fallait pas mettre de note pour ne pas traumatiser les mauvais élèves, qu’il ne fallait pas de classement.

Ils avaient cherché à faire croire qu’il ne pouvait exister aucune hiérarchie de valeurs.
Ils avaient proclamé que tout était permis, que l’autorité c’était fini, que la politesse c’était fini, que le respect c’était fini, qu’il n’y avait plus rien de grand, plus rien de sacré, plus rien d’admirable, plus de règle, plus de norme, plus d’interdit.
Souvenez-vous du slogan de mai 68 sur les murs de la Sorbonne : « Vivre sans contrainte et jouir sans entrave. »
 
Ecoutez-les, les héritiers de mai 68 qui cultivent la repentance, qui font l’apologie du communautarisme, qui dénigrent l’identité nationale, qui attisent la haine de la famille, de la société, de l’Etat, de la nation, de la République.

Dans cette élection il s’agit de savoir si l’héritage de mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes."

Le discours dans son intégralité ici.



Florence Müller, spécialiste de l’histoire de la mode, a publié la semaine dernière dans La Vanguardia une série d’articles sur le style vestimentaire des candidats. Une autre manière de les voir, pas si superficielle.

Nicolas Sarkozy est-il l’homme politique français le mieux habillé ? Les femmes françaises ne sont pas loin de le penser, puisque d’après un sondage réalisé en décembre 2004 auprès d’un échantillon féminin représentatif, Sarkozy appartient au trio le plus “chic”de la classe politique, après Jack Lang et Dominique de Villepin (la question posée était la suivante : “en ne tenant compte que du style vestimentaire, à quel homme politique aimeriez-vous que votre partenaire ressemble ?”).

“Mon mari, de loin le mieux habillé du gouvernement, ne fait jamais de faute de goût, indiquait Cécilia Sarkozy au magazine L’Express en 2002. Au Conseil des ministres, ajoutait-elle, Nicolas porte généralement un costume sombre. Le soir, un costume bleu marine avec une chemise blanche et le week-end une veste sport en tweed ou à chevrons et un pantalon de velours”.

Aidé par sa femme, le candidat de la droite soigne depuis longtemps son image jusqu’au moindre détail. Tout est soigneusement étudié : complet Dior bleu nuit ou noir avec chemise blanche ou bleu ciel, parfois rose, couleurs froides et sobres très consensuelles tout en étant ancrées dans les codes traditionnels de la droite (rigueur, respect des valeurs et de l’autorité). Même chose pour la cravate rouge ou bleue, on ne peut plus classique, ainsi que le costume à trois boutons, le pantalon sans revers et la coupe de cheveux impeccable.

Collectionneur de montres Bréguet et de stylos Mont-Blanc, Nicolas Sarkozy aime le luxe et le confort. Il porte souvent des chaussures italiennes de marque Tod’s, symbole d’une élégance soigneusement négligée. Quand il adopte un look décontracté, Nicolas Sarkozy ne laisse aucune place à l’improvisation : dans sa tenue de jogging, le candidat ressemble à un homme politique américain ou à un avocat de la City (les chaussures de type Nike, le short noir, le polo blanc : tout est neuf). Parfois, lors de ses déplacements sur le terrain, Nicolas Sarkozy ose le col roulé noir sous une veste noire ou gris clair, et c’est sans doute là le choix vestimentaire qui lui va le mieux.

Un sans-faute et pourtant… Le candidat de la droite apparaît parfois en public en jeans, ce qui est une faute de goût. Mais surtout, il semble porter l’uniforme et vouloir dissimuler sa taille dans des costumes trop grands pour lui. La silhouette, souvent, disparaît sous une veste trop ample et fermée (pourquoi ne la laisse-t-il pas ouverte plus souvent ?). Un beau costume doit magnifier les épaules, le buste, mettre en valeur le corps (à l’origine, au XVIe siècle, le costume est une déclinaison civile de l’armure militaire).

Or on perçoit bien que Nicolas Sarkozy cherche à dissimuler son corps : dommage car la petite taille n’est absolument pas un obstacle à l’élégance. La façon dont Nicolas Sarkozy porte le complet est très formelle. Il suffirait pourtant de si peu pour améliorer tout ça ! Une bonne coupe pour remonter l’emplacement de la taille et pour dégager les hanches, un pantalon à pinces…

Il est surprenant de constater que Nicolas Sarkozy s’habille en Dior, sachant que le directeur artistique de cette grande maison, Hedi Slimane, conçoit ses vêtements en pensant à des silhouettes longilignes, maigres et sans épaules (par exemple Pete Doherty, ex-punk et rockstar). Sans doute le candidat de la droite ferait-il mieux, comme le faisait François Mitterrand (lui aussi un homme de petite taille), d’aller chez un tailleur soucieux d’adapter parfaitement le vêtement à sa corpulence.

En matière de look, il ne faut jamais hésiter à repartir de zéro. Après le krach de 1929, un journaliste demanda à John. D Rockefeller : “Que feriez vous s’il ne vous restait que 1000 dollars ? Je m’achèterais un costume de bonne coupe pour rebondir, aurait répondu le magnat américain, parce que dedans, on se sent invincible, crédible aussi bien devant un ouvrier que face au président des Etats-Unis.”




Alors que s'est tenu ce matin le débat entre Royal et Bayrou, voici le communiqué d'un ami, Philippe WG :

Ce débat n’est rien d’autre qu’un stratagème politicien qui traduit un profond mépris pour les 57 % d’électeurs qui ont désigné pour le second tour Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy.
 
Par la place qu’il occupe dans les médias, il occulte le débat de fond du second tour, le vrai débat, auquel les Français ont droit pour déterminer leur propre choix :
la confrontation des deux personnalités et des deux projets désignés par les électeurs pour le 2ème tour.
 
C’est une manœuvre dilatoire qui permet pendant plusieurs jours à Madame Royal de ne pas présenter son projet aux Français lors de cette campagne du 2ème tour.
 
Orchestrée par François Bayrou, Ségolène Royal et le PS, cette manœuvre s’apparente à une pratique politicienne de la IVème République appliquée à l’élection présidentielle de la Vème République.
 
Craignant peut-être la confrontation directe avec Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal se défausse en semblant préférer débattre avec Bayrou, un adversaire plus à sa hauteur peut-être...
 
Les Français, qu’ils soient de gauche comme de droite, en ont décidé autrement.
 
Dans notre démocratie, il n’y de pouvoir que par les urnes : « seul le suffrage universel est la source du pouvoir » est-il écrit dans l’article 1 du préambule de la Constitution.  
 
Philippe WG

Maurice Leroy (UDF), qui figurait dans l'équipe de campagne de François Bayrou pour le premier tour, a annoncé qu'il voterait le 6 mai pour Nicolas Sarkozy, et suggéré de laisser le PS à ses "vieux mythes" et ses "éléphants".

Le député UDF du Loir-et-Cher a indiqué sur RTL qu'il "votera en conscience pour Nicolas Sarkozy" au second tour de la présidentielle.

Il a déploré que Ségolène Royal "n'ait pas entendu Michel Rocard, Bernard Kouchner et les acteurs de la gauche moderne", qui avaient prôné, avant le premier tour, un rapprochement entre François Bayrou et Ségolène Royal. Face à "un appareil socialiste qui ne change pas", Maurice Leroy a proposé de laisser les socialistes "à leurs vieux mythes, leur idéologie dépassée et leurs éléphants".



"Maintenant, il faut que François Bayrou se retire, que François Bayrou attende et qu'il laisse les deux finalistes s'exprimer et qu'on compare les projets, et les électeurs de François Bayrou feront leur choix en toute liberté, les triangulaires n'existent pas dans l'élection présidentielle"

François Fillon


Economie :
François Bayrou proposait de payer les heures supplémentaires 35 % de plus qu'une heure normale sans charge supplémentaire pour l'entreprise.
Nicolas Sarkozy propose d'exonérer les heures supplémentaires de charges patronales et salariales, ce qui permet :
-> au salarié de toucher 60 % de plus (contre 35 % avec Bayrou)
-> à l'entreprise de payer l'heure supplémentaire moins qu'une heure normale (elle coûte plus qu'une heure normale avec la mesure Bayrou)
François Bayrou proposait d'augmenter les crédits de la recherche de 5 % par an pendant 10 ans.
Nicolas Sarkozy propose de les augmenter de 4 milliards d'euros (40 % en 5 ans).
François Bayrou proposait d'obliger l'Etat à respecter des règles en matière de délais de paiement.
Nicolas Sarkozy propose que l'Etat apure instantanément toutes ses dettes de plus de 45 jours à l'égard des PME dès son arrivée.
François Bayrou proposait de garantir 20 % des marchés publics aux PME.
Nicolas Sarkozy propose de renégocier le traité OMC qui nous interdit actuellement cette politique.

Dette :
François Bayrou proposait d'interdire à l'Etat d'emprunter pour financer son fonctionnement courant
Nicolas Sarkozy aussi. François Bayrou proposait de réformer l'Etat.
Nicolas Sarkozy propose une méthode et une ambition précises : ne remplacer qu'un fonctionnaire sur deux partants à la retraite.

Fiscalité :
François Bayrou proposait d'alléger la fiscalité sur le patrimoine (exonération des droits de succession en ligne directe et réforme de l'ISF).
Nicolas Sarkozy propose d'exonérer de droits de succession 95% des patrimoines, de mettre le bouclier fiscal à 50% et de permettre aux personnes redevables de l'ISF de réduire jusqu'à 50 000 euros l'impôt dû à raison des sommes investies dans le financement des projets des PME.

Education & Recherche :
François Bayrou proposait de donner à tous les lycées de France un égal accès aux formations supérieures d'excellence.
Nicolas Sarkozy propose la même mesure de discrimination positive pour rétablir l'égalité réelle des chances.
François Bayrou proposait d'investir dans l'université et de leur donner plus de liberté de gestion.
Nicolas Sarkozy propose d'augmenter de moitié le budget de l'enseignement supérieur et d'engager une réforme profonde des universités en leur donnant plus d’autonomie. Généralisation du financement par projet (l'ANR ne concerne que 6 % des crédits publics de la recherche] et la mise en place d'une évaluation systématique dans l'ensemble du système.
Encourager notamment l'innovation dans les PME, dont l'effort de recherche est proportionnellement le plus faible, en renforçant le crédit impôt-recherche, en leur réservant une partie des crédits publics de recherche et en ratifiant le protocole de Londres sur le brevet européen. Dans la continuité de la politique des pôles de compétitivité, Nicolas Sarkozy veut favoriser les liens entre le secteur privé et les autres acteurs de l'innovation afin d accroître la circulation du savoir et de multiplier les créations d'entreprises issues du monde de la recherche (en considérant par exemple comme zone franche fiscale les incubateurs d'entreprise dans les universités). Favoriser la création d’incubateurs d’entreprises dans les universités, qui seront alors considérées comme des zones franches.

Logement :
François Bayrou proposait de créer un système d'assurance mutuelle pour supprimer les garanties et cautions exigées des locataires.
Nicolas Sarkozy propose la création d'un service public de la caution.

Transports :
François Bayrou proposait le service minimum garanti dans les transports publics.
Nicolas Sarkozy le fera dès l'été.

Agriculture :
François Bayrou proposait le maintien d'une PAC ambitieuse, des aides à l'installation, d'encourager l'investissement dans l'aval des filières, d'étendre dans le monde la politique de traçabilité et les normes sanitaires et environnementales européennes.
Nicolas Sarkozy aussi.

Démocratie :
François Bayrou proposait de limiter le nombre de ministres à 20.
Nicolas Sarkozy propose de limiter à 15, et respectant la parité homme-femme.
François Bayrou proposait de limiter le droit de nomination du Président de la République
Nicolas Sarkozy propose de soumettre les nominations importantes à l'approbation des commissions compétentes du Parlement, après audition du postulant.

Environnement :
François Bayrou proposait une taxe sur les énergies fossiles.
Nicolas Sarkozy propose une redevance sur le transport routier pour doubler le financement des infrastructures de transport ferroviaires, fluviales et maritimes. Il propose aussi une taxe sur le contenu en carbone des produits importés de pays qui ne s'engagent pas dans le protocole de Kyoto : le produit de cette taxe augmenterait les recettes propres de l'Union européenne pour financer une politique commune de la recherche.
Le développement durable sera un axe majeur du futur gouvernement, avec une approche transverse, via la création d’un grand Ministère du Développement Durable, qui comprendra l’Ecologie, l’Eau, les Transports, l’Energie.

Retraites :
François Bayrou proposait de réformer les régimes de retraite et revaloriser les petites pensions.
Nicolas Sarkozy propose d’établir l'équité entre les régimes de retraite en reformant les régimes spéciaux, ce qui donnera les marges de manoeuvre nécessaires pour revaloriser très sensiblement le minimum vieillesse et les pensions de réversion.
Des droits sociaux et des droits à la retraite seront alloués à ceux qui se consacrent à l’éducation de leurs enfants ou qui s’occupent d’une personne handicapée.
Possibilité de travailler à temps partiel pour les retraités.

Institutions :
François Bayrou proposait une démocratie assainie reposant sur la responsabilité des gouvernants ainsi que la séparation et le contrôle des pouvoirs.
Nicolas Sarkozy propose une démocratie irréprochable (il n'y a pas besoin de changer le numéro de la République pour cela, la Vème ayant permis de réconcilier notre pays avec la stabilité et l'efficacité des institutions) avec : un renforcement des prérogatives du Parlement (une plus grande maîtrise de l'ordre du jour, la fin du domaine réservé en matière de défense et de politique internationale, instauration d'un contrôle sur l'activité des services de renseignement), la validation des nominations de hauts responsables par le Parlement, une justice vraiment responsable et vraiment indépendante (le Chef de l'Etat cesse de présider le CSM dont la composition est élargie à des non magistrats), un statut de l'opposition conforté (un Président qui s'engage sur des résultats et rend régulièrement compte aux Français, un Président qui vient expliquer sa politique et ses initiatives devant la représentation nationale (défense, politique extérieure, Europe, développement ...).


Pierre Albertini, député-maire de Rouen et coordonnateur du projet législatif de l'UDF, a annoncé mardi soir son ralliement à Nicolas Sarkozy lors de la réunion publique du candidat UMP au Grand-Quevilly, près de Rouen.

"Sans renier en aucune manière ni mon parcours, ni mes valeurs, je voterai pour Nicolas Sarkozy", a déclaré M. Albertini devant 7.000 militants réunis au Zénith de Grand-Quevilly. Il avait accueilli auparavant Nicolas Sarkozy dans sa mairie.

Le député-maire UDF de Rouen a cité Jean Lecanuet, son prédécesseur pendant un quart de siècle et figure historique de la démocratie-chrétienne en France. "Jean Lecanuet m'a appris une chose: ne jamais se tromper d'adversaire. J'ai regardé dans le projet de Ségolène Royal et de son équipe, et j'ai trouvé beaucoup de propositions qui me heurtent", a-t-il dit, évoquant les 35 heures ou la remise en cause de la loi Fillon sur les retraites.

"Même si je n'approuve pas dans la totalité les propositions de Nicolas Sarkozy, je constate une très forte convergence sur les grands objectifs: redresser économiquement le pays, créer une société de confiance, privilégier la solidarité et non pas l'assistance, rénover la vie politique", a poursuivi M. Albertini.

Présent au meeting, bien qu'écoutant attentivement Albertini, puis le candidat, j'ai pu apprécier le nouveau visuel de campagne. Vu des coulisses, le résultat est amusant !



Eric Besson, ancien secrétaire national du Parti socialiste et membre de l’équipe de Ségolène Royal avant de démissionner à cause d’un désaccord sur le chiffrage du projet, à apporté son soutien officiel à Nicolas Sarkozy lundi 23 avril, en prononçant un discours à Dijon. Il a notamment déclaré :

"Je suis un homme de gauche qui va soutenir et voter pour un homme qui se revendique de droite. Je suis un progressiste, convaincu que pour cette élection, c'est un républicain de droite qui porte le mieux les valeurs auxquelles je crois". Il a notamment évoqué "le rayonnement et la place de la France", "la nécessité de l'action et de la réforme" ou "le lien entre l'efficacité économique et la protection sociale".

"Ce discours de vérité, c'est toi, Nicolas Sarkozy, qui le tiens aujourd'hui", a poursuivi Eric Besson. "Nous avons besoin de réformes profondes, volontaristes, d'une action déterminée pour retrouver la confiance de la France, celle qui donne beaucoup, qui souffre, qui est exaspérée."

Il a expliqué que son soutien à Nicolas Sarkozy n'était "pas accidentel". Citant le discours qu'il avait prononcé le 19 novembre 2005 au congrès du PS au Mans, il a rappelé son attachement à la "notion fondamentale d'équilibre entre droits et devoirs".

Eric Besson est revenu, pour la dénoncer, sur la campagne de diabolisation menée par le PS et les partis de gauche :

"Il y a quatre mois à peine, je participais au début d'une entreprise délibérément conçue de diabolisation du favori de l'élection présidentielle. Dès l'automne 2006, il était déjà limpide pour beaucoup d'entre nous que si la confrontation portait sur (...) les idées et sur la capacité à gouverner, alors Ségolène Royal n'avait guère de chance de l'emporter face à Nicolas Sarkozy. Il fallait donc, pour espérer le battre, le diaboliser, le caricaturer en espérant parvenir à ce qu'il fasse peur. Dans cette entreprise, j'ai pris ma part, trop largement ma part, et je suis reconnaissant à Nicolas d'avoir bien voulu, parce que nous nous connaissions, mettre cela sur le compte du combat partisan.

Cette entreprise de diabolisation, ce scepticisme quant à la capacité à faire élire l'une sans diaboliser et sans susciter la peur de l'autre, n'en doutez pas, vous allez la voir à l'oeuvre pendant toute la durée de cet entre-deux tours. Alors il faudra dire trop c'est trop, et j'aurai peut-être l'occasion de le dire dans d'autres contextes.

Il a finalement conclu en déclarant à l’adresse de Nicolas Sarkozy : "Nul ne doute de ta capacité à incarner la France qui ose, qui entreprend, qui crée des richesses et qui se lève tôt. Ta victoire - parce que dans 13 jours, j'en suis persuadé, tu sera victorieux - ne sera pas seulement ta victoire (...), mais sera surtout la victoire de tous les Français qui ont besoin de retrouver l'espoir.

Alors je dirai simplement, forza Nicolas et allez la France !"

Chargé d'un "pôle de gauche" au sein du parti UMP de M. Sarkozy, Eric Besson a expliqué qu'il allait chercher à "rencontrer des personnalités de gauche, des intellectuels, des citoyens" qui pensent que Sarkozy "porte le mieux les notions de progrès". Il a reconnu que pour attirer des élus de gauche, "c'est plus compliqué".
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