
Le Parlement européen qui siège à Strasbourg, a fêté hier ses 5O ans. Cette institution a vu son rôle s’accroître avec le temps.
En mars 1958, l’Assemblée parlementaire européenne se rassemblait pour la première fois. Il ne s’agissait encore que d’un organe consultatif, regroupant des députés des parlements nationaux des six Etats membres des Communautés européennes (CECA, CEE, Euratom). Au nombre de 142, ils étaient désignés par leur Etat. Le parlement ne comptait alors que 4 langues officielles, contre 23 aujourd’hui.
Cette assemblée, qui est la descendante directe de l’ "Assemblée commune" fondée en 1952 par la CECA, est renommée "Parlement européen" en 1962. Avec les élargissements successifs de l’Union, ainsi que ses multiples traités, le Parlement européen voit ses pouvoirs évoluer, et le nombre de ses membres s’accroitre, pour atteindre 785 députés aujourd’hui.
En 1979, les parlementaires sont élus au suffrage universel direct pour la première fois. Simone Veil devient la présidente de cette institution. Le Parlement apparaît alors comme l’institution européenne qui représente directement la population. Il a donc une légitimité démocratique très forte. Il est aussi destiné à solidariser les peuples des différents pays européens. Ainsi, il est intéressant de remarquer qu’aujourd’hui, les députés européens ne siègent plus par pays, mais par partis.
Progressivement, le domaine de compétence du Parlement s’est élargi. Au départ, il n’est qu’un organe consultatif, mais il a acquis progressivement de nouveaux pouvoirs. Il doit ainsi approuver le budget de l’Union européenne. De plus, il partage aujourd’hui le pouvoir de codécision avec le Conseil, concernant les lois du premier pilier de l’Union. Autrement dit, les deux instances doivent accepter un texte pour que celui-ci ait force de loi. Le Parlement doit également approuver le président de la Commission européenne, qui est nommé par le Conseil.
Le traité de Lisbonne, en cours de ratification par les Etats membres, accroît encore les pouvoirs du Parlement en matière législative et budgétaire, ce qui est une avancée notable vers une plus grande démocratisation de l’Europe. En effet le Parlement est la seule institution élue au suffrage universel direct, c’est donc lui qui a la plus grande légitimité démocratique. De plus, il investira le Président de la Commission européenne "en tenant compte des élections du Parlement européen." Ceci assurera à ce Président une légitimité démocratique plus forte, ce qui est important lorsqu’on sait que la Commission est souvent critiquée pour son aspect technocratique et déconnecté des citoyens. Le traité prévoit également de limiter le nombre de ses membres à 751 dans un souci d’efficacité.
Le Parlement est ainsi devenu progressivement le Parlement supranational qui a le plus de pouvoir au monde. C’est donc une institution unique, qui reflète la nature profondément originale de l’Union européenne. Cependant, il lui reste encore à se faire mieux connaître de la population des Etats membres. En effet, aux dernières élections européennes, en 2004, le taux de participation n’était que de 45%, ce qui dénote un réel manque d’intérêt pour l’Europe de la part des citoyens européens. Les modifications apportées par le Traité de Lisbonne renforceront-elles enfin cet intérêt ? La réponse aux élections de 2009.
Source : Fenêtre sur l'Europe