
Le massif du Hohenkasten, 28-12-2006 (Appenzell)
Températures en hausse, fonte des glaciers, moins de neige: la Suisse est directement concernée par le rapport d'experts sur l'évolution du climat (GIEC). Moritz Leuenberger souhaite dès lors des mesures contraignantes.
Le rapport ne fait cependant pas de prévisions par pays. Seul un résumé de 21 pages, très technique, a été diffusé vendredi par l'ONU. Le rapport intégral de plus de 400 pages et onze chapitres, auquel 600 scientifiques de 40 pays ont contribué, sera publié en mai.
Si la Suisse est à l'abri de tempêtes tropicales et des conséquences directes de la hausse du niveau des mers, elle va souffrir du manque de neige. Les experts prévoient en effet une diminution de la couverture neigeuse sur la surface du globe, de l'Arctique aux Alpes.
La diminution de la couverture neigeuse dans l'hémisphère Nord, surtout au printemps, est déjà sensible depuis les années 1950. Elle a passé de 39 millions de km2 à 35 millions, selon le résumé du GIEC.
Les lacs et les rivières gèlent plus tard dans l'hémisphère Nord (5,8 jours de retard pour le siècle dernier) et le dégel arrive plus tôt (6,5 jours en un siècle).
Fonte des glaciers
Le résumé évoque aussi la fonte des glaciers. Selon une étude du Programme des Nations Unies pour l'environnement (PNUE), publiée cette semaine en marge de la réunion de Paris, les glaciers fondent de manière accélérée dans le monde.
Trente glaciers de référence surveillés par le Service mondial de suivi des glaciers, basé à Zurich, ont perdu environ 66 centimètres d'épaisseur en moyenne en 2005. Les glaciers observés ont perdu environ 10,5 mètres d'épaisseur en moyenne depuis 1980, selon les mesures des scientifiques.
Plus grave, leur fonte annuelle a été en moyenne 1,6 fois plus rapide au cours de la dernière décennie que durant les années 1990, et six fois plus rapide que durant les années 1980. Les glaciers sont une importante ressource en eau, fait remarquer le PNUE.
Leuenberger appelle à une politique contraignante
Pour Moritz Leuenberger, les perspectives du réchauffement climatique imposent "de passer à l'ère des politiques contraignantes au niveau national et international. Il s'agit maintenant d'adopter une politique efficace pour l'après 2012", estime le chef du Département fédéral des transports, de l'énergie et de la communication, qui participait à la conférence pour une gouvernance écologique mondiale à Paris.
source : Radio Suisse Romande.ch