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La presse britannique a offert mercredi une couverture élogieuse à Nicolas Sarkozy, au lendemain d'une visite à Londres, le Times annonçant même franchement soutenir le candidat de l'UMP pour la prochaine élection présidentielle française.
"Sarkozy est un modèle nouveau et amélioré de l'homme politique français (...) C'est un vrai radical même s'il a dû modérer son message pendant la campagne", souligne le Times.
Le journal conservateur ajoute: "Nous n'avons pas le droit de voter pour les élections françaises mais nous le soutenons", estimant que la candidature de son adversaire socialiste Ségolène Royal n'apporte en revanche "presque rien de nouveau pour le futur".
La veille, le Guardian, quotidien pourtant de gauche, avait lui aussi affiché son penchant pour le candidat de la droite française: "Non, Nicolas Sarkozy n'est pas le Thatcher français. Et certaines de ses positions sont même quelquefois plus à gauche que celles de la gauche française", affirmait un éditorial du journal.
Commentant la rencontre entre Nicolas Sarkozy et les expatriés français de Londres, et l'entretien avec Tony Blair, le Guardian souligne dans son édition de mercredi qu'il s'agit "d'un événement sans précédent".
"C'est la première fois qu'un candidat à la présidence française lance une offensive électorale à l'étranger pour mettre un terme à la fuite des cerveaux qui fuient l'économie stagnante en France", relève le journal.
Le Financial Times, qui publie, comme le Herald Tribune, une photo de Tony Blair et Nicolas Sarkozy hilares, signe de complicité, s'enthousiasme devant une "démonstration extraordinaire" du présidentiable français "qui a réussi a lier le dynamisme et l'énergie des exilés français à la transformation qu'il essaie de promouvoir en France".
"A tous les expatriés qui sont malheureux de la situation de la France et de leur départ, je veux dire : 'revenez' !", a lancé mardi soir le candidat de l'UMP à plus d'un millier de Français de Londres, lors d'une réunion publique dans un ancien marché de la capitale britannique reconverti en salle de conférence. "On a besoin de votre travail, de votre intelligence, de votre imagination et de votre enthousiasme", a-t-il poursuivi. "Revenez parce qu'ensemble nous ferons de la France une grande nation où tout sera possible, où les pères n'auront plus peur pour l'avenir de leurs enfants, où chacun pourra réaliser ses projets, devenir responsable de son propre destin. "Revenez et vous verrez qu'avec un peu de coeur, de courage et de volonté, notre vieux pays peut accomplir encore de grandes choses".
Le discours du président de l'UMP s'adressait en fait aux près de deux millions de Français expatriés dans le monde, dont environ 300.000 en Grande-Bretagne (250.000 à Londres, dont un bon cinquième d'électeurs inscrits).
"La France n'est pas qu'à l'intérieur de ses frontières", a-t-il dit, avant de promettre que la "France de l'extérieur" soit "mieux représentée dans la politique française".
"Voyant la France de dehors, vous voyez mieux encore ses défaillances et ses faiblesses et elles vous sont encore plus insupportables", a poursuivi Nicolas Sarkozy, qui a ironisé une nouvelle fois, sous les applaudissements, sur la semaine de 35 heures instaurée par le gouvernement de gauche de Lionel Jospin (1997-2002) : "C'est la seule idée au monde dont vous n'êtes pas obligés de profiter !"
"Tony Blair m'a dit que les 35 heures, pour l'Angleterre, c'était pas son truc", a-t-il poursuivi. "M. Zapatero, socialiste espagnol, m'a dit également que ce n'était pas son truc. Et quand j'ai demandé à Romano Prodi, président du Conseil italien, également homme de gauche et de coeur, s'il envisageait les 35 heures, il m'a dit, c'est pas mon truc. J'ai considéré que nous, notre truc, c'était les socialistes français !"
Nicolas Sarkozy a estimé que les Français qui partent étudier aux Etats-Unis ou travailler à Londres ou à Pékin "ne laissent pas la France" mais "la servent".
Mais il y a aussi "tous ces Français qui partent parce qu'ils ont le sentiment qu'il n'y a pas de place pour eux en France, parce qu'ils ont le sentiment d'un avenir bouché, d'une société bloquée", qui "partent par dépit, par désespoir, parce qu'ils ne trouvent plus d'autre issue", a-t-il ajouté. A ces expatriés "malheureux", il a promis une France "qui croit de nouveau aux valeurs de l'effort, de la réussite, du travail, du mérite" et la fin d'une "fiscalité confiscatoire qui décourage la réussite" et "fait fuir les capitaux".
"Je veux que partout sur la Terre les Français soient de nouveau fiers de la France", a-t-il martelé. "Je veux être le président d'une France qui étonne de nouveau le monde. Je veux être le président d'une France qui ne soit pas frileuse."
Reuters & AFP