Quatre cascades de taille monumentale et de construction humaine ont été présentées ces dernières semaines sur les bords du plan d'eau new yorkais, l'East River. Leur situation précise est indiquée sur le plan du site web du projet : www.nycwaterfalls.org.
Les Waterfalls, qui atteignent selon les cas une hauteur entre 27 et 37 mètres, ont été conçues avec un souci de protection de la qualité de l'eau et de la vie aquatique et contiennent les éléments nécessaires. Les éclairages sont réalisés avec des LED à faible consommation d'énergie, celle-ci provenant de sources renouvelables.
Le projet, qui a bénéficié de la participation d'un nombre impressionnant de sponsors et aides techniques, a été élaboré par la Fondation "Public Art" qui propose depuis 30 ans des réalisations dans la ville de New York. Son président, Susan K. Freedman, a souligné que l'invitation d'Olafur Eliasson et l'agrément de ce projet de grande envergure redéfinissent l'art public comme une force vitale dans la cité et l'incitation de la population et des visiteurs à s'arrêter, le temps d'une découverte de leur environnement d'une toute nouvelle manière. La fondation a engagé pour conduire ce projet une équipe de plus de 200 professionnels du bâtiment. Lorsque les cascades seront démontées, 90% des matériaux utilisés pour leur construction seront réutilisés pour des réalisations de bâtiments classiques.

Structure et fonctionnement de la cascade : elle est constituée de matériaux de construction usuels: échafaudages, pompes et canalisations. L'eau de l'East River est collectée dans une piscine à filtre (1) constituée d'un maillage dont les trous font moins d'un mm de diamètre, empêchant les poissons et autre vie aquatique d'y pénétrer. Des pompes (2) propulsent l'eau hors de la piscine et l'entraînent vers le haut de l'édifice dans des tuyaux (3). Elle retombe ensuite en glissant sur une plaque à reliefs augmentant l'effet "cascade".
"En développant le projet des New York City Waterfalls, j'ai souhaité travailler avec la notion contemporaine complexe d'espaces publics, précise Olafur Eliasson. Les Chutes surgissent au milieu du tissu social, environnemental et politique qui constitue le coeur de la cité new yorkaise. Elles vont donner aux gens l'opportunité de reconsidérer leur relation aux environnements spectaculaires, et j'espère susciter des expériences à la fois personnelles et rehaussant le sens du collectif."
Au sujet de l'artiste :
Olafur Eliasson est né à Copenhague en 1967. Il a fait ses études à l'Académie royale danoise des Beaux-arts de Copenhague et partage son temps entre sa maison familiale à Copenhague et son studio à Berlin. Celui-ci est un laboratoire de recherche sur l'espace employant une équipe de 30 architectes, ingénieurs, artisans, ouvriers qualifiés et assistants qui travaillent ensemble pour conceptualiser, tester, mettre en oeuvre et construire des installations, des sculptures, des projets monumentaux. Il est peut-être mieux connu pour son intervention à la Tate Modern de Londres, le Weather project (2003), un soleil géant constitué de 200 lampes de couleur jaune, de miroirs et de buée qui a métamorphosé l'espace massif du Turbine Hall et attiré plus de deux millions de visiteur pendant les cinq mois de l'installation.